Comme tu auras semé, tu moissonneras.

Publié le par Alain Streck


     La formule date du Ier siècle avant Jésus-Christ. Elle est extraite de l’ouvrage de Cicéron De Oratore. Il en existe une variante, plus prosaïque, chez l’un de ses contemporains, Publilius Syrus, esclave syrien devenu écrivain après avoir été affranchi : Attends d’autrui, ce qu’à autrui tu auras fait.

    Ce principe, qui veut que chacun récolte ce qu’il sème, est qualifié de nos jours « d’effet boomerang ». Si je vous frappe, vous me frapperez. Si je vous nuis, vous me nuirez. C’est fort probable.

    Or, … si ce fait est acquis, une question élémentaire vient dès lors à l’esprit : lorsque nous mettons en place les conditions du pire, pourquoi diable voudrions-nous qu’il advînt le meilleur ? Il faudrait être un peu niais pour escompter cela. Pourtant, il semble que nous peinons à intégrer cette idée si simple dans notre comportement quotidien, car la sagesse populaire s’est évertuée à en rappeler la teneur, sous des formes multiples et variées, au fil des siècles. Citons pour exemples :


Ce que vous faites de bien ou de mal,
vous le faites à vous-même.
(le Coran – VIIème siècle)
 
Ce que l’on sème,
c’est aussi ce que l’on récolte.
(la Bible – Epitre de saint Paul aux Galates)
 
Comme on fait son lit, on se couche.
(proverbe français cité par Le Duc en 1664
dans Proverbes en rimes)

Comme vous brassez, vous buvez.
(proverbe anglais)

Qui se fait balai n’a pas à se plaindre de la poussière.
(proverbe allemand – G. C. Lichtenberg – Aphorismen – 1799)

Qui doit se casser le cou,
trouve un escalier dans les ténèbres.
(proverbe italien)

Qui s’obstine à mordre un caillou,
ne réussit qu’à se briser les dents.
(proverbe français – L.P. de Jussieu – Fables et contes – 1829)

Qui se couche avec des chiens, se lève avec des puces.
(proverbe français – Recueil des Sentences notables -
 Gabriel Meurier – 1568)

Qui crache au ciel,
il lui retombe sur le visage.
(proverbe latin médiéval –
 « in expuentis recidit faciem, quod in caelum expuit »)

A se cogner la tête contre les murs,
il ne vient que bosses.
(proverbe français – G. Musset – Proverbes de Saintonge – 1897)

Qui mal veut, mal lui vient.
(proverbe français – Proverbia gallicana
– Jean Gilles de Noyers – 1558)

Quiconque se sert de l’épée, périra par l’épée.
(Bible – Evangile selon saint Matthieu, XXVI, 52 – env. 65)

Quiconque aura fait le mal, sera rétribué par le mal.
(Le Coran, IV, 122 et VI, 161 – VIIème s.)

De diable vient, à diable ira.
(Incipiunt proverbia vulgala – Manuscrit du XIIIème s.)


     Bref, il y a pléthore sur le sujet ... sans oublier le célèbre qui sème le vent récote la tempête.


Références :
- Dictionnaire des proverbes, sentences et maximes, Maurice Maloux, Larousse 2001.
- Proverbia gallicana – Jean Gilles de Noyers – 1558
- Recueil des Sentences notables - Gabriel Meurier – 1568
- Les proverbes et la vie, L'Harmattan 2008.

 
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